Ce qui suit ressemble au scénario du film d'épouvante "Christine" de Stephen King mais ce n'est pas une fiction, l'histoire a réellement été vécue.
Cela se passe en 2007 dans une base de location quelque part en France. Un des employés vaque à ses occupations sur le ponton et
soudain, face à lui, il entend le moteur d'un bateau qui démarre. Il s'arrête et regarde un peu étonné. Le coqueron moteur est fermé et il n'y a personne
au poste de pilotage. Il lui faut quelques secondes pour réaliser qu'il ne rêve pas puis il monte à bord et arrête le moteur. Il prévient le chef de base,
qui d'un air goguenard, lui demande ce qu'il a bu et l'affaire en reste là.
Quelques semaines plus tard, le bateau est loué et en pleine nuit, l'équipage de locataires a la surprise d'entendre le moteur démarrer.
Blottis au fond de leur couchette, ils s'imaginent l'intrusion de personnes mal intentionnées qui vont emmener le bateau en pleine nature et...
Au bout d'un moment, le bateau ne bougeant pas, quelqu'un se risque à sortir vers le poste de pilotage mais il n'y a personne. Il essaie donc
d'arrêter le moteur mais c'est impossible. Malgré tous les efforts, le moteur refuse de s'arrêter. Il faudra l'intervention d'un technicien de la base
qui vient et arrête le moteur tout simplement au tableau de bord. On imagine les explications confuses des locataires qui n'y arrivaient pas en
faisant le même geste.
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Quelques mois plus tard on est en automne, le bateau est à la base qui est déserte en ce début d'hivernage. Au milieu de cette tristesse
saisonnière il y a un bateau de propriétaire qui est là pour une de ses dernières escales de la saison et l'histoire se répète.
Dans le calme de la base endormie, la pénélope du bord qui était du voyage entend un moteur qui démarre.
Alors elle prévient son capitaine de mari avec une certaine inquiétude imaginant le vol du bateau qui est en cours
ou pour le moins quelques gamins mal éduqués en train de s'amuser. Le plaisancier se dirige vers le bateau mais il est vide et fermé à clé. Il ouvre
le coqueron moteur et descend dedans. Il pose sa main de façon étanche sur l'entrée d'air pour étouffer le moteur. Normalement, aucun moteur
ne résiste à cela. Privés d'air, ils s'arrêtent tous, obligatoirement. C'est d'ailleurs comme cela, de façon physique ou par l'intermédiaire d'un
système électrique, qu'on arrête un moteur Diesel. Hélas le moteur endiablé refuse de s'arrêter. Privé d'air il fait une explosion faiblarde toutes
les cinq secondes et dès que la main est retirée, il repart à son régime normal.
Le couple de plaisanciers va alors contacter la Mairie du lieu et quelques autres numéros pour finir par trouver celui du chef de base.
Quand il arrive, il arrête tout simplement le moteur comme on doit le faire, au tableau de bord.
Dans le courant de cette période hivernale de remise à niveau des bateaux, le chef de base veut en avoir le cœur net.
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Il décide alors de s'attaquer au problème. La seule solution qu'il imagine ne peut venir que de la commande électrique du démarreur. Il va donc
s'intéresser au câble qui va du démarreur jusqu'au tableau de bord. Celui-ci passe dans une goulotte qui est fermée lors de la construction
du bateau après dépose du câble, donc totalement inaccessible. Le chef de base va alors le débrancher et tirer jusqu'à le sortir complètement.
Et là, il va découvrir la cause du mystère. Ce câble qui doit normalement se trouver d'un seul morceau d'un bout à l'autre est en deux parties
qui sont shuntées par une prise électrique bateau classique. Jusque-là il n'y a rien d'anormal. Par contre, il découvre qu'une minuscule fissure
de la coque laisse passer un suintement d'eau qui s'accumule dans une petite cavité du polyester, et ce n'est pas de chance, juste à
l'endroit où se trouvait la prise. En fonction des mouvements du bateau, l'humidité mettait parfois les fils en contact et le moteur démarrait
tout seul. Plus grave, ce contact pouvait être ponctuel ou durer quelques heures. Dans ce cas, le démarreur toujours sollicité tournait avec
le moteur. Quand on posait la main sur l'entrée d'air, il était toujours entrainé et dès qu'on enlevait la main il redémarrait. Quelques minutes
ou quelques heures plus tard la prise avait un peu séché et le contact ne se faisait plus il suffisait alors d'arrêter le moteur d'une façon tout
à fait normale.
Pour exorciser ce moteur envoûté, le chef de base a simplement fait appel à son expérience. Par contre, lors de la dernière séance de
spiritisme dieselique, le démarreur avait grillé.
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