| les fluviales de JPh. Lamotte - La batellerie bretonne et ligérienne |
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Cénomans sur la cale d'Apigné
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Ce n'est qu'après l'arrêt des extractions de sable en Loire en 1993 que beaucoup de bateaux de travail du réseau fluvial de l'Ouest seront désaffectés et vendus aux particuliers. En 1986, quand Claude Fleurent a acheté le Cénomans, ceux qu'on appelle aujourd'hui les "pénichards" étaient encore rares et la sauvegarde du patrimoine fluvial n'était pas non plus dans les priorités. Pour trouver un chantier de réparation et de transformation, il n'y avait à l'époque que deux solutions : le Chantier Merré de Nort-sur-Erdre et le chantier de l'Esclain sur la Loire à Chantenay dans la banlieue de Nantes. Ces deux chantiers fonctionnaient avec des tarifs professionnels ce qui les rendaient inaccessibles à ces premiers "pénichards" qui avaient plus vocation à prendre eux-mêmes la boîte à outils pour limiter les frais. A cette même époque, Jean-Yves Simon achetait également son bateau et montait son chantier en réhabilitant la cale du Rudet, mais loin de là sur le Blavet. A la force des bras... En 1986, Claude Fleurent et quelques autres "pénichards" ont donc trouvé une cale qui était utilisée par la Société Rennaise de Dragage (exploitation du sable de Loire) à Apigné, à la limite territoriale de la ville de Nantes. La Marguerite fut la première à y passer puis ce sera le Cénomans mais y travailler relevait de l'acrobatie. Il fallait monter les bateaux à la main avec des tireforts, ce qui prenait une journée entière et avec de gros efforts. Ce sera le cas pour le Moïse de Fernand Touquet, pour le Zéphyr et pour le Morgoat (ex Belle Marinière, ex Anjou). Ensuite, il fallait lever le bateau avec des crics pour enlever les chariots. La cale n'était pas cimentée et sous le poids du bateau les traverses de soutien en bois, bien que croisées, s'enfonçaient parfois dans la terre et les restes de sablage, etc… "Quand je travaillais sous le bateau, je le sentais parfois glisser un peu vers le bas" dira Claude. ... et avec une grue Plus tard, c'est avec le treuil d'une grue louée pour venir sur place que les bateaux seront sortis. Cela durera jusqu'au début des années 1990 et les services de l'Equipement feront cimenter la cale. Cela fut fait et bien fait par le chantier Lechat car aujourd'hui encore, il n'y a pas une fissure. Ouvrons une parenthèse, cet entrepreneur est une figure de la batellerie. Il extrayait également du sable de Loire et pratiquait des curages pour les institutionnels. Pour cela, il possédait la (petite) Paix, l'Armor, le Cénomans, etc… En 1992, après des extractions de sable, il a également acheté à bas prix quelques autres bateaux devenus sans emploi. Par la suite, bon nombre de pénichards auront à faire à lui pour trouver dans son parc, le chaland qui allait devenir le bateau de leurs rêves. |
Cale cimentée, fin de la gratuité Avec l'avènement de la cale, arrivera également la fin de la gratuité et toute utilisation sera sanctionnée par une petite contribution de 1.500 frs pour le confort apporté, mais également pour amortir la mise de fonds et éviter que les bateaux y restent trop longtemps à sec. Tout n'était pas parfait, mais ce slipway rendait de grands services aux pénichards. Cale cimentée, fin de la gratuité Puis petit à petit, la vétusté s'est montrée de plus en plus présente. Claude avait installé un vieux treuil électrique qui marquait son âge. Les chariots commençaient à se déformer, les rails s'écartaient et le travail devenait dangereux. La Direction de l'Equipement a décidé vers 2007 ou 2008 d'interdire l'utilisation de la cale. L'association Nevez Noé (les nouveaux Noé) a bien essayé d'investir 1.500 Euros dans des chaînes, des tireforts et des moufles pour faire lever l'interdiction. Cela permettra de sortir encore de sortir quelques bateaux mais cela ne suffisait pas. Les bajoyers se rapprochent Les pénichards devenaient orphelins et ils ne leur restaient plus que le chantier du Rudet sur le Blavet, de l'autre côté des échelles d'écluses de Pontivy. Ces dernières n'ont jamais fait peur aux pénichards. Par contre, certaines écluses du Morbihan ont vu leurs bajoyers se rapprocher au fil du temps et certains bateaux ne passaient plus. Au cours de l'été 2010, Tanguy et Marie-Pierre en ont fait la douloureuse expérience en restant coincés dans une écluse avec l'Ancre. La nouvelle largeur maximum des bateaux semble donc se fixer définitivement pour cette partie du canal à 4,60 m au lieu des 4,70 m de l'origine. Quand la Duchesse-Anne est passée vers Pontivy pour prendre sa fonction d'Office de Tourisme, il a fallu refaire une écluse. Sur ce sujet polémique, l'association Nevez Noé, fondée par Claude Fleurent, avait organisé en août 2008 un blocage du port de Redon pour attirer les regards de la presse sur le problème. Cette action bon enfant qui ne souhaitait pas nuire aux usagers du port, était restée sans réels effets.
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L'ICIRMON intervient Pour des bateaux comme le Cénomans de 4,64 m de large, il fallait trouver une alternative, car la fermeture de cette cale était également une mort annoncée du patrimoine fluvial dont on commençait de plus en plus à prendre conscience. C'est l'ICIRMON (Institut du Canal d'Ile et Rance Manche Océan Nord) dirigé par Jacques Gloagen, qui va prendre les choses en main. Cette structure qui gère la Vilaine et le Canal d'Ile et Rance était donc parfaitement habilitée à prendre ce dossier en charge. La cheville ouvrière sera Véronique Veron. Arrivée depuis quelques années sur ce territoire, après avoir travaillé sur l'embouchure de la Vilaine, elle avait déjà réalisé des réhabilitations de berges dans une démarche écologique. Après avoir pris en comptes les besoins des pénichards et peaufiné le cahier des charges, elle va monter les dossiers de demande de financement auprès de l'Europe et de la Région. Le premier treuil et trois bateaux La première tranche de travaux fut terminée au printemps 2011. La cale disposait alors d'un treuil et d'un tirefort en sécurité, ce qui avait permis de sortir trois bateaux (l'Arbre d'Eau en juillet, le Cénomans en août et la Dame Blanche en septembre). L'électricité et l'eau qui manquaient y ont été installées. Notons également, en bas de cale, la présence d'une grille de récupération des eaux d'écoulement. Les eaux résiduelles sont pompées, filtrées et sont recyclées par un système d'épandage sur l'herbe avant de retourner en douceur à la rivière. Des bacs de récupération pour recyclage des veilles ferrailles sont également prévus. Un dernier effort et ce sera parfait Toutefois, après contrôle de l'APAVE, un complément de travaux s'imposait, notamment pour la pose de protection des câbles, des crémaillères, en cas de rupture des câbles et l'installation d'un deuxième treuil d'un coût de 22.000 Euros. Cette deuxième tranche doit se réaliser au printemps 2012. Le parent pauvre des sorties d'eau de Bretagne devient ainsi le site de référence pour l'évolution des autres. Notons que bien des regards sont tournés vers cette cale d'Apigné car elle est déjà retenue complète pour prochains 18 mois. Ce bel exemple s'inscrit dans la mouvance du renouveau des canaux bretons qui sont en train de subir une vague de restauration comme jamais il n'y en a eu depuis 60 ans. Jean-Philippe Lamotte
(Décembre 2011) |

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| 00 - La cale d'Apigné avant les travaux - (photo Raymond Jouvante) |

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| 01 - (photo Babette Garnier - août 2011) |

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| 02 - (photo Babette Garnier - août 2011) |

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| 03 - (photo Babette Garnier - août 2011) |

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| 04 - (photo Babette Garnier - août 2011) |

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| 05 - (photo Babette Garnier - août 2011) |

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| 06 - (photo Babette Garnier - août 2011) |

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| 07 - (photo Babette Garnier - août 2011) |

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| 08 - (photo Babette Garnier - août 2011) |

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| 09 - (photo Claude Feurent - août 2011) |

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| 10 - Claude Fleurent devant l'œuvre accomplie. Cénomans est prêt pour retourner à l'eau - (photo Babette Garnier - août 2011) |

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| 11 - Le doublage du fond du Cés;nomans - (photo Claude Feurent - août 2011) |

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| 12 - Le treuil dé qui tire sur les deux chariots des extrémités. Il sera doublé par un deuxième treuil qui tirera le chariot du milieu - (photo Doniphane Lamotte - déc. 2011) |

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| 13 - Claude Fleurent davant un des deux chariots du slip Way - (photo Doniphane Lamotte - déc. 2011) |

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| 14 - Claude Fleurent davant un des deux chariots du slip Way - (photo Doniphane Lamotte - déc. 2011) |
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| 15 - (photo Doniphane Lamotte - déc. 2011) |

| Cénomans 01 Les travaux |
Cénomans 02 Les travaux |
Cénomans 03 L'intérieur |
Apigné 01 La vidéo |
Apigné 02 Photos de la cale |