Le fluvial de JPh-Lamotte - Plaisanciers et mariniers

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L'aventure d'Avontuur
Quand le bateau devient galère


Jean-Michel et Véronique racontent l'histoire peu banale d'Avontuur et ont ouvert leur album souvenir.
Vous avez vécu une aventure similaire ou complètement inverse avec votre bateau, racontez-là aux gens de l'eau, envoyez vos textes et photos.

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              Acheter un bateau en Hollande et le ramener à Angers n'est pas chose simple et il nous fallait bien prévoir régler de nombreux problèmes techniques ou administratifs. Tous ceux qui sont passés par-là le savent. Mais quand tout le monde y met de la mauvaise volonté, tout se complique et même en eau douce, des requins nagent entre deux eaux. Le bonheur que nous vivons aujourd'hui à bord, nous l'avons bien gagné.

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Répertoire des bateaux bretons   -   On en parle aussi dans Aquaforum Voir les messages


J'ai déjà pratiqué un peu la voile en mer avec des amis mais cela ne m'empêchait pas d'avoir les yeux tournés vers la navigation en eau douce. Cela peut paraître paradoxal, mais comme je suis originaire de Nantes, mon attirance naturelle pour le bateau s'est aussi bien tournée vers l'eau salée que vers le fluvial. Dans cette ville, plus que dans d'autres, les deux cultures se côtoient. Mon épouse Véronique qui est née au bord de la Loire, avait aussi des affinités fluviales dans sa famille.


Un de ses frères possédait un bateau pour pêcher du sable en Loire. Quand nous nous sommes rencontrés, nous avions la trentaine et un enfant chacun. On louait un appartement, mais nous cherchions une maison au bord de l'eau. Hélas, tout ce que nous trouvions ne nous convenait pas. Alors l'idée nous est venue naturellement : "Et si on achetait un bateau". Comme tous ceux qui ont vécu ce genre d'aventure, nous avons commencé à nous


renseigner près de chez nous, auprès des pénichards du port de la Savatte d'Angers, un endroit que nous avons hanté quelques temps. Nos questions aux pénichards ne portaient pas sur la vie à bord mais plutôt où et comment trouver un bateau à aménager. Les réponses qu'ils nous faisaient à cette époque étaient toujours les mêmes : "Il y en a eu mais est-ce qu'il y en a encore ?".

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Puis, en 1992, est arrivée l'interdiction de pêcher le sable dans le lit majeur de la Loire. A partir de ce moment, beaucoup de bateaux sabliers vont tomber en désuétude. Certains sont partis vers le déchirage, d'autres seront abandonnés à rouiller sur des berges et les derniers ont été vendus à des particuliers. En 1995, Véronique contacte son frère pour lui proposer d'acheter son bateau sablier devenu inutile. Cela ne se fera pas car le bateau était trop long, comme les Freyssinet d'ailleurs, et le raccourcissement nous aurait coûté trop cher. Si cette première démarche n'est pas couronnée de succès, elle aura pour effet d'entériner définitivement notre décision d'acheter un bateau.


Dès lors, notre voie était tracée, ce serait un bateau de rivière pour rester dans la région. C'est en lisant les petites annonces du magazine Fluvial que j'ai découvert celui qui répondait complètement à mes attentes. C'était Avontuur, un Luxemotor de 1930 qui mesurait 25 x 5 mètres et se trouvait en Hollande à Muiden, près d'Amsterdam. Il était mis en vente par un courtier fran çais qui avait passé l'annonce et cela se présentait plutôt bien, car ni Véronique ni moi ne parlions le hollandais.

Donc en décembre 1995, après avoir pris rendez-vous avec le courtier nous nous sommes rendus à Amsterdam. Il a commencé par nous faire visiter plusieurs bateaux


qui ne correspondaient pas du tout à nos attentes mais il ne nous faisait pas visiter Avontuur. J'ai donc précisé à nouveau ma demande. Il temporisait, changeait de sujet mais souhaitait visiblement éviter Avontuur. Alors un peu agacé, je me suis fait plus insistant et nous sommes enfin arrivés à bord du bateau souhaité. Là, le courtier n'avait pas la clé alors il a recommencé à tergiverser.En fin de compte, nous finissons par comprendre qu'il avait passé des annonces concernant à peu près tous les bateaux portant une pancarte à vendre, qu'il connaisse ou non les propriétaires mais qu'il n'était mandaté par aucun. Qu'importe, nous étions là et quand nous sommes arrivés devant le bateau, il était bien à vendre.

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Le courtier a poussé la porte qui s'est ouverte facilement. Dans le trou noir, une ombre bougeait et il s'est mis à reculer en disant qu'il ne voulait pas rentrer la-dedans. Nous, on venait de France, et il n'était pas question qu'on en reste là, alors je suis descendu dans la cale. Elle était sommairement aménagé et dans un état de saleté innommable. En face de moi, un énorme chien aboyait et juste derrière, se dressait un "homeless" hollandais, une espèce de géant hirsute de deux mètres, très impressionnant et à l'allure peu avenante. Pas très fier, j'ai tenté quelques mots d'anglais et le géant hollandais m'a répondu gentiment, car il était en fait très sympathique. Quant au courtier, courageux mais pas téméraire, il est enfin descendu à son tour et la discussion s'est s'engagée.



Nous avons alors appris que le propriétaire était un skipper qui se trouvait actuellement au Portugal et que sa petite amie restée en Hollande ne voulait pas s'encombrer du bateau. Alors il l'avait confié à un ami qui y organisait des "soirées". Puis cet ami l'avait confié à un ami, puis un ami d'un ami, etc… Et de fil en aiguille, le bateau abandonné était squatté par ce bon gros chien et ce gentil colosse qui nous donna gentiment les coordonnées du propriétaire. Malgré son culot monstre, nous avons décidé de garder le courtier car il parlait hollandais. Le prix sera ensuite négocié et nous sommes tombés d'accord. Par contre, nous avons demandé une expertise et j'ai fait venir un expert hollandais qui s'est montré très honnête. Il nous a déclaré tout de go que c'était un très bon bateau avec une coque sondée à 7 mm sauf la voûte arrière au-dessus de l'eau où il ne reste que 4 mm.


Par contre, il m'a dit formellement qu'il n'était pas raisonnable pour un français d'acheter ce bateau en fer riveté. Selon lui, il n'existait en France aucun chantier capable d'entretenir et de réparer ce type de coque (ndr : ce qui est en partie faux). Qu'importe, nous avons quand même acheté le bateau 400.000 Frs de l'époque. Passons sur les quelques-unes de nos péripéties et venons-en au convoyage. Ni Véronique ni moi ne savions piloter un Luxemotor de 25 m. Alors, nous avons fait appel à un ancien marinier qui pour 300 Frs/jour allait nous convoyer le bateau de Hollande à Royan en passant par l'Alsace, la Saône, le Rhône et le Canal des Deux-Mers. Le voyage va durer 40 jours. Pendant ce temps, j'avais des obligations professionnelles, alors j'étais absent du bord. Je n'ai pu embarquer avec mon père qu'à Béziers sur le canal du Midi.

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Le marinier martèle que c'est vraiment un bon bateau avec une étrave bien protégée, une bonne voûte arrière, etc… Il va m'apprendre les bons gestes qui doivent être bien faits et réalisés à temps. Pour faire le plein, le marinier a aussi une astuce. Remplir le réservoir avec du "rouge", du gazole détaxé. C'est bien plus pratique pour un bateau, car le camion du fuel de chauffage peut venir n'importe où sur la berge. Il faisait beau, le bonheur à bord prenait un goût de rêve accompli et Royan approchait. Par contre, dans l'euphorie générale, nous avions un peu oublié un peu trop vite qu'avant Angers via St Nazaire, il n'y a pas de rivières ni de canaux et que les requins nagent en toutes eaux. La ville de Bordeaux est atteinte et au-delà, c'est l'estuaire jusqu'à Royan. Là, on n'était plus dans les compétences du marinier qui a quitté le bord pour regagner sa Hollande natale.


Nous n'étions certes pas encore en mer, mais néammoins en zone maritime et notre bateau s'y engageait en marée montante, vent contre courant. C'est donc seul que je pris la barre à roue en main dans une eau de moins ne moins calme. Là, on s'est pris ce que les marins nomment poétiquement une "branlée". C'était dur mais je n'étais pas inquiet car le bateau hollandais avait été prévu pour cela. Ce temps, il le rencontrait dans les mers intérieures de Hollande… et Royan était enfin en vue. Nous sommes donc entrés dans le port, naïfs comme des enfants de cœur dans un bistrot du "bord'eau". Une fois amarré dans le bassin, le soulagement de la tâche accomplie est arrivé mais sont également montés à bord le Capitaine du Port, la Douane et les Affaires Maritimes. Le premier nous dit qu'on pouvait rester là sans problème… à 100 Frs/jour et par mètre linéaire, soit en arrondi 2.500 Frs/mois.


Pour moi, c'était OK, pas de problème, le bateau devait rester 15 jours, le temps de le préparer avant de repartir. Ce sont alors les Affaires Maritimes qui nous on dit : "non, ce bateau ne prendra jamais le large, sauf à faire une toilette de mer et une expertise qui atteste qu'il peut le faire". Viennent ensuite les douaniers qui vont directement voir dans le réservoir et y trouve du "rouge", du fuel détaxé :
- Le douanier : d'où vient le bateau ?
- Moi : d'Amsterdam.
- Le douanier : Bien, il ne reste plus qu'à calculer le kilométrage et à le multiplier par la consommation, ce qui va déterminer les taxes à payer… plus l'amende d'environ 5.000 Frs (ultérieurement, l'amende sera… oubliée).
A ce moment-là, le ciel s'est assombri et des nuages noirs se sont profilés à l'horizon.

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Ce jour-là, ce ne fut certes pas dans l'euphorie que je quittai alors le bord pour regagner mes occupations professionnelles, mais le pire restait à venir.

Quinze jours plus tard, on m'a appelé à mon travail pour me dire : "Votre bateau est coulé au fond du port !… On a essayé de le maintenir avec des motopompes et des aussières, mais il est coulé". ??? Les services du port finiront par le sortir à marée basse et à l'échouer sur une cale qui découvre en basses eaux. Je n'avais pas d'autre choix que de me rendre sur place et en montant à bord, une rapide petite enquête m'a démontré que c'est à cause d'une vanne qui a été volontairement ouverte. Ce n'était donc pas un accident, mais bel et bien un sabordage.


Dans ce cas, pour que l'assurance couvre le préjudice, il fallait qu'il y ait dépôt de plainte. De leur côté, les Affaires Maritimes me disaient que s'il y avait dépôt de plainte, il faudrait attendre l'enquête… sous-entendu payer 2.500 Frs/mois pendant ce temps. Comme un bonheur n'arrive jamais seul, la belle saison pointait le bout de son nez et à partir de juin, les prix allaient doubler. Couvrons d'un voile pudique le temps de l'enquête pour en arriver aux conclusions de l'assurance. S'il y avait eu malversation, l'accident était du à un phénomène "non aléatoire" et l'assurance ne couvrait pas. Dans ces conditions, il ne nous restait plus qu'une solution, faire venir un camion et convoyer le bateau par la route… Mais ce ne fut pas une bonne idée.


J'ai donc contacté un transporteur et nous nous sommes entendus sur le prix. Le camion est arrivé au port où deux grues venues d'ailleurs les attendaient devant la barrière car celles du port avaient une capacité de levage insuffisante. Quand les trois engins sont arrivés à la barrière, on leur a interdit l'entrée. Pour faire une manutention dans l'enceinte du port avec des équipements extérieurs, il fallait payer un droit d'entrée de 7.500 Frs. Oui, là, j'ai trouvé ça dur et j'ai commencé à me demander ce qui allait encore me tomber dessus comme problème. Patience... ça arrive.

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La somme fut payée, ouf ! .. Allait-on enfin sortir mon bateau de l'eau et du port. Hélas non car un nouveau souci à montré le bout de son nez. J'avais estimé le poids du bateau à 45 tonnes, mais quand les grues ont commencé à le lever, le dynamomètre affichait 53 tonnes. Les ouvriers ont stoppé net la manœuvre en disant : "le contrat est de 45 tonnes, on ne peut pas charger, comme de plus le patron est absent, on ne prendra pas la décision". Qu'on ne s'imagine pas que les grues risquaient de flancher, non, leur capacité était bien supérieure. Mais un contrat à 45 tonnes… c'est 45 tonnes. Là, j'étais en colère et je pense qu'on le serait à moins. Le camionneur qui devait repartir vide était lui aussi en colère et il a annoncé un préjudice à payer. Les policiers qui devaient accompagner le convoi sont repartis et disant que pour la facture, ils allaient essayer d'être compréhensifs. Au fond du gouffre, je me disais qu'à un moment ou à un autre, les choses allaient s'arranger. Quand on est tout au fond, on ne peut que remonter... hélas non.

Coincés de tous les côtés, que faire, Véronique et moi avons envisagé de ramener Avontuur à Bordeaux et de le revendre sur place. Avant cette extrémité, il nous restait encore la solution de faire appel aux Abeilles pour remorquer le bateau jusqu'à l'estuaire de Loire. Les Abeilles me répondent "absolument aucun problème", coût 160.000 Francs de l'époque. Ce prix était totalement inconcevable pour nous. A ce moment-là, je me suis vraiment senti avoir un peu "le nez dans la vase".

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Et ça a continué. Le bateau ayant coulé, une nouvelle expertise était nécessaire pour savoir s-il pouvait flotter en mer et se faire remorquer jusau'en estuaire de Loire. Je n'avais pas de solution de secours, pas de plan "B", alors j'ai demandé conseil à l'expert Michel Lambert. Ca, ce fut une bonne idée.

Cet homme-là va se conduire de façon remarquable en réunissant tout le monde. Il a commencé par me donner les coordonnées d'une petite entreprise de remorquage en Bretagne qui possédait un seul remorqueur. J'ai appelé, c'était OK et le prix ne serait que de 60.000 Frs. A ce moment, le port m'a annoncé que pour toute la période de stationnement au port, ce serait le tarif d'hiver, quant aux frais de renflouement, on n'en parlait plus. Je voyais enfin un peu de ciel bleu.


Par contre, la compagnie de remorquage demandait non seulement que le bateau soit assuré mais que le remorqueur soit également assuré pour la totalité de son prix et qu'il n'y aurait aucune garantie sur le bateau remorqué. Avontuur est enfin parti en mer à couple du remorqueur. Véronique et moi le regardions s'éloigner. Dans deux jours, il allait flotter sur la Loire, les ennuis étaient finis… zoom arrière… et image de fin. Hélas non.

36 heures plus tard, Avontuur est arrivé à St Nazaire dans le bassin de Penhouet. C'est l'époque où les Chantiers de l'Atlantique venaient de reprendre de l'activité et de sortir le Paul Gauguin. Les deux bateaux étaient seuls dans le bassin. La presse s'était déplacée pour voir le Paul Gauguin, mais les journalistes venus pour l'occasion, étaient plus intrigués par Avontuur, se demandant ce que faisait là un bateau fluvial.


Quant à moi, je cherchais dans la ville une entreprise capable de remettre le moteur en route. Souvenons-nous que dans le port de Royan, le bateau avait sombré. Je ne suis pas technicien et avec la meilleure volonté, mes compétences sont ailleurs. Personne ne m'avait dit qu'un Diesel est étanche et qu'il n'y a pas d'électricité et qu'après un simple coup de nettoyage au jet d'eau pour enlever la vase le moteur redémarrerait. J'ai donc fais venir une entreprise pour le redémarrage après l'immersion. Le spécialiste est venu et a démonté les deux demi-coques des têtes de bielle et m'a dit, ce sera 20.000 Frs pour le remontage ou 80.000 Frs pour une réfection totale qui, soit dit en passant, était inutile. Comme j'avais été renseigné entre temps, j'étais une nouvelle fois affligé. Ce fut donc 20.000 Frs et le moteur s'est retrouvé dans le même état qu'avant et démarrant parfaitement. Cette fois, ça devait aller… enfin… hélas non.

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Le bateau était dans la Loire, mais l'El Dorado d'Angers me semblait encore loin car les problèmes continuaient. En semaine, j'étais absent du bord et un jour j'ai re çu une facture du Port de 2.500 Frs pour le déplacement du bateau qui gênait le trafic… dans un bassin vide… Cela va se reproduire trois fois de suite. Nous étions au bout du rouleau, toutes les solutions étaient épuisées. C'en était trop, j'ai alors trouvé un petit remorqueur et profitant de l'ouverture des portes pour laisser passer un chalutier, nous sommes sortis à la cloche de bois pour disparaître. Ce n'est certes pas à conseiller, mais que faire ?


Cette fois, c'est sans encombre que nous sommes enfin arrivé à Nantes dans le havre de sécurité, de protection et de tranquillité du chantier de l'Esclain qui venait de déménager pour changer de rive. Si aujourd'hui, je ne taris pas d'éloges sur ce chantier, ce n'est pas sans raison car j'y aie enfin trouvé une aide sincère. Avontuur sera sorti de l'eau, remis en état et les travaux dureront un an. Cette fois, les ennuis seront finis… et bien oui, tout à une fin, même les galères. Ensuite viendra l'amarrage à la cale de la Savatte à Angers en 1999 et nous y habiterons à partir de 2000.


Mais cela, c'est déjà du conventionnel. Depuis, moi Jean-Michel, Véronique, Félix, Agathe et la pétillante Anna qui vient d'avoir ses dix ans, vivons enfin heureux sur l'eau comme nous le souhaitions et la chienne labrador veille jalousement à la tranquillité de la passerelle.

Ici, à Angers, les places se sont attribuées naturellement, par ordre de notre arrivée et consentement mutuel des plus anciens. Pour la première fois en 2008, la ville d'Angers a demandé l'identité des bateaux pour pérenniser les places.

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Avontuur et son moteur
Il a été dessiné et construit par Dirk Boot et motorisé par son fils, le génial créateur des moteurs "Industrie". Avec son 2VD5, le bateau avance à 14 km/h en canal avec un régime moteur de 250 tr/mn. Le couple maxi est atteint à 360 tr/mn et la puissance maxi est de 60 cv. Dans la cale, ce monstre bi-cylindres ne fait pas loin de 1,80 m de haut et consomme 4 litres à l'heure.


Chaque cylindre fait 6 litres de cylindrée. A la sortie de l'arbre, il y a un inverseur 1/1 (sans réduction). Le démarrage se fait, bien entendu à air comprimé (12 bars). Le refroidissement par pompe attelée fonctionne à 55°C seulement. L'hélice trois pales mesure 95 cm de diamètre. La barre à roue est avec une transmission par chaîne et cardan. La coque mesure 25,5 x 5 mètres. Tirant d'eau de 1,20 m et tirant d'air 3,40 m. Le déplacement est de 53 tonnes, la hauteur sous barrot est de 2,35 m et la surface habitable est de 110 m2.

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Post Scriptum :
Dans ce texte, j'ai oublié de raconter que j'ai fait réguler les paliers de vilebrequin et les têtes de bielle (20 Kg chacune) du moteur par un atelier spécialisé. J'ai du attendre ces pièces plus d'un an (entreprise de rectification très spécialisée et submergée de travail) et pour cette raison je fus contraint de ramener « Avontuur » de Nantes à Angers tiré par mon remorqueur fluvial "Le paradis", acheté plus tard, qui portait bien son nom.


Cette remontée finale de la Loire en partie de nuit au mois de novembre sous la neige m'a laissé un souvenir impérissable. Lorsque j'ai pu récupérer les paliers, je les ai ajusté moi-même en les démontant et les remontant une quarantaine de fois. Je fais moi-même depuis l'entretien et les réglages du moteur que je connais parfaitement désormais en m'appuyant sur des archives disponibles en ligne sur un site racontant la fabuleuse histoire des moteurs industrie. (le nom du site est Abelforte)

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On en parle aussi dans les discutions d'Aquaforum

- Nom ou pseudo : Cayor (Jean Claude)
- Date : 09 février 2009 à 16h04
 
- Message :
Bonjour,
J'ai pensé que l'aventure de notre Aquaforumien valait le coup d'être lu.Je viens de la découvrir et franchement,je tire mon chapeau devant cette volonté d'aller jusqu'au bout de ses rêves malgré toutes les difficultés rencontrées!

[www.jph-lamotte.fr]

J.Claude


- Nom ou pseudo : Patrick (la favorise)
- Date : 09 février 2009 à 16h04
 
- Message :
Sacré histoire ! Ce qui me choque le plus, ce n'est pas tant l'attitude du courtier, ni le coté "Courteline" des administrations et des transporteurs, mais bien le coup de la vanne...
Dis, Jean michel qui est l'assureur qui considère qu'un accident est du à un phénomène "non aléatoire" qu'il ne couvre pas ?
Histoire, le cas échéant de changer de contrat !
Amitiés

Patrick (la Favorise)


- Nom ou pseudo : Laurent Cruel
- Date : 09 février 2009 à 17h05
 
- Message :
Incroyable histoire oui ! Quelle tenacité...


- Nom ou pseudo : claudie (Janaïna)
- Date : 09 février 2009 à 23h11
 
- Message :
En lisant tes aventures Jean-Mich, je me suis dit que celui qui a le plus souffert dans l'histoire, c'est ton compte bancaire. J'adore la ténacité, ça finit pas payer, enfin...ça coûte d'abord et ça paye après.


- Nom ou pseudo : jean-michel, "avontuur"
- Date : 10 février 2009 à 16h04
 
- Message :
Merci pour vos gentils commentaires. C'est Jean-Philippe Lamotte qui a insisté pour faire cette publication. J'ai finalement accepté. J'en rajoute juste un peu. Après le renflouage du bateau, nous avons du faire une quinzaine de WE à Royan, 4 heures de route, avec remorque et matériel, pour nettoyer le bateau après le naufrage (la porte de la salle des machines avait été ouverte). Tout le bateau était plein de fuel et d'huile. Après cette grosse épreuve, nous avons mis 3 W.E. pour la préparation de la toilette de mer. Nous partions à Royan de bonne humeur et nous revenions éreintés. L'escale a duré 8 mois.

Après le passage en mer, je suis resté plusieurs mois à Saint-Nazaire...Impossible de réparer le moteur sur place...

Après le remorquage sur Nantes, nous avons attendu pour sortir le bateau parce que mon pote Michel n'arrivait pas à remettre en route son chantier après une expropriation sordide.

Une fois sorti, nous avons mis a nu le bateau, sablage extérieur et nettoyage à la meuleuse et brosse métallique de toute la cale, un chantier énorme qui a duré plus d'1 an tous les W.E.. Nous avions la tête des mineurs de fond en remontant de la cale le soir.

Nous avons ramené Avontuur à Angers sous la neige, au mois de novembre dans une expédition un peu folle, la Loire en crue, et de nuit, on éclairait les bouées au projecteur...

A Angers, j'ai fait le plus gros de l'aménagement intérieur avec un ami en 8 mois tous les W.E y sont passés, on travaillait avec un groupe électrogène que j'ai construit à partir d'un moteur de balayeuse et d'une vieille génératrice. Pour mettre le bateau à l'abri, nous avions choisi un endroit inaccessible aux voleurs, mais il était aussi difficile d'accès pour nous et nous devions porter tous les matériaux en empruntant une échelle droite de 6m ...

Lorsque nous avons décidé d'y installer la famille, nous avons passé un hiver sans électricité et deux hivers sans chauffage central, dont un avec des températures atteignant -15. Il faisait frais le matin.

Avec la crue hivernale et comme nous étions sur ancre, je déplaçais toute la famille le matin et le soir en bachot.

J'avais des bidons sur le pont en guise de réserve d'eau et je vidai les tuyaux tous les soirs pour avoir de l'eau le matin.

Nous sommes restés 5 ans sans emplacement.

Je vous épargne le reste, parce que c'est un peu long...

C'est vrai qu'aujourd'hui, lorsqu'un curieux s'approche et me dit que j'ai de la chance, j'ai tendance à lui répondre un peu sèchement qu'il s'agit sans doute d'autre chose...

Patrick, concernant les problèmes d'assurance, je n'ai plus qu'une RC navigation, je suis mon propre assureur désormais, c'est beaucoup plus sûr en cas d'incident..

. Avontuur n'est pas terminé, 12 ans après son achat, mais le plus dur j'espère, est fait...

Très amicalement,


- Nom ou pseudo : GD - Georges
- Date : 10 février 2009 à 16h04
 
- Message :
CHAPEAU BAS


- Nom ou pseudo : Yves
- Date : 10 février 2009 à 20h08
 
- Message :
Et bien moi, j'y vois d'abord une famille qui a résisté à tout, et pour ça, je dis "voila des gens extraordinaires", et après avoir partagé le pire, je leur souhaite de partager,et pour longtemps, le meilleur.

Mais j'ai dans l'idée que ce sera plus facile...



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