| les fluviales de JPh. Lamotte - Histoire des canaux |
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Le pont-canal de Briare - 1b | ![]() |
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1894-1896 : La peinture (Texte : Annette Duloy Miroux) Vous voulez partager avec les jeunes générations vos souvenirs de navigation, des histoires de mariniers
envoyez-les ici, nous les publierons dans ces pages.
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| les pages Bruno Vital et sur le pont canal : |
1 Construction du pont-canal | 2 Destruction du pont-canal | 3 Pont-canal en détail et en couleurs | 4 Construction usine élévatoire | |
| 5 Ecluse ronde des Lorrains 1 | 6 Ecluse ronde des Lorrains 2 | 7 L'accident de Châtillon 1 | 8 L'accident de Châtillon 2 | ||
| 9 Plan du canal de Briare 1899 | 10 Plan du canal du Loing 1899 | 11 Etang du Bourdon 01 | 12 Etang du Bourdon 02 | ||
| Sur le pont canal, voir également : | 13 Peinture de la cuvette | 14 - Photos annexes | |||

L'histoire du Pont canal de Briare racontée sur ce site révèle aussi parfois des épisodes de la petite histoire. Celle-çi nous arrive par l'intermédiaire d'une photo d'une qualité exceptionnelle qui nous fut envoyée par Annette Duloy. Elle concerne son grand-Oncle, Henri Duloy (le frère de son grand-père) né en 1880. Son père Jules avait déjà travaillé au chantier de construction et le jeune Henri a participé dès l'âge de 14 ans à étendre la première couche de peinture avant la mise en eau du pont-canal. |
Ce sont ses parents Pierre et Jeanne Duloy qui possédaient cette photo prise à la fin des travaux. D'autres photos et documents furent retrouvés et ils nous permettent, en marge de la grande histoire, d'entrer un peu dans le quotidien de ceux qui vivaient à cette époque là et qui ont participé à la grande oeuvre du pont-canal Jean-Philippe Lamotte
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Jules César Dominique Duloy naquit à Gien le 27 mai 1845. Son père travaillait alors à la Faïencerie. Son livret militaire le décrit comme un homme de 1,88 m, aux cheveux châtains et aux yeux clairs, sachant lire et écrire. Jules aux grands pieds En 1870, on mobilise tout le monde et Jules fut appelé et fit partie de cette armée de l'Est qui ne participa pas aux combats de la Beauce et de la Loire et qui, de retraite en retraite, arriva jusqu'en Suisse où elle fut internée. Jules n'alla d'ailleurs pas jusque là. Atteint de typhoïde, il fut hospitalisé à Dijon (selon Jeanne Duloy). Il était grand et chaussait du 47. Aussi, à son arrivée à la caserne, il n'eut pas de "chaussures à son pied" et Jules garda donc ses sabots de paysans. Tant mieux, des chaussures l'auraient davantage gêné. Néanmoins, en dehors des combats de 1870, il ne fut pas mobilisé. Son temps terminé, le 1 février 1871, il rejoignit "les Vallées" à Poilly où habitaient ses parents et se fit journalier. Il s'y maria avec Victorine Joséphine Gouthière le 27 octobre 1874. Il fut d'abord régisseur au Moulin de Laval, à Châtillon-sur-Loire, où naquirent ses premiers enfants. Il entra ensuite comme régisseur au Moulin de Launay à Blancafort en novembre 1883. →
Pierre Duloy et sa grand-mère Victorine Gouthière, épouse de Jules Duloy à Briare en 1924 |
Le moulin broie du noir A partir de 1885, les choses allèrent mal. Il se cassa la jambe et fut immobilisé près d'un an, obligé de confier le moulin à des domestiques qui firent de mauvais marchés. Ses enfants étaient souvent malades. Puis il fallut remplacer la roue, ce qui coûta fort cher. Pour finir Jules se plaignit en 1887, jusqu'au Préfet : "du grand préjudice, à lui causé, par le prolongement du Canal de la Sauldre. Je puis dire à Monsieur le Préfet que pendant les deux années écoulées j'ai perdu pendant l'été la somme de 2.660 Francs". Ce prolongement du Canal de la Sauldre épuisa le biais de rivière qu'utilisait le moulin et il finit par déposer son bilan en août 1890.
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Sur le chantier du pont-canal On retrouve Jules "Magasinier du Chantier", lors de la construction du Pont-canal de Briare, du 19 mai 1892 au 21 avril 1894. La famille habite à Briare d'abord Rue Chaude puis Grande Rue, derrière l'usine élévatoire. Pris par la Loire Les enfants allèrent tous en classe mais Jules n'avait pas les moyens de leur faire faire des études et il les mis au travail dès 12 ans, comme c'était l'usage à l'époque. C'est ainsi que l'aîné des garçons, Henri (né en 1880), se retrouva dans l'équipe des peintres du pont-canal. Il fut ensuite domestique de ferme puis incorporé au 32ème régiment d'artillerie. Son temps de service fut assez compliqué car il bénéficia plusieurs fois de l'exemption comme soutien de famille. "C'était le seul des frères de la famille à aimer le travail de la terre" (selon Léon Duloy). On le retrouve dans une ferme aux environs de Briare, dans une famille où le fils unique étant mort, il ne restait que trois filles. Et qui sait peut-être aurait-il eut un avenir prometteur si ce n'est ce drame du 15 août 1909, où il se noya en Loire. Il avait 29 ans. Jules travailla ensuite à la carrière de pierre de Briare. Il décède à Briare le 15 février 1934. Annette Duloy Miroux - 2011
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| - Voir les détails en grand format - Henri est le troisième
en partant de la gauche, assis en tailleur avec une casquette - Annotation d'origine par Léon Duloy, fils de Jules Duloy et frère
d'Henri Duloy : Equipe de peintres du pont-canal avant la mise en service en 1893 ou 1894 - Une couche de peinture égale
à 9 tonnes environ. |
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| - Certificat de travail de Jules Duloy pour son emploi de magasinier chez Daydié et Pillé, constructeur de la partie métallique du pont-canal. |

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| - Jules Duloy vers 1909 | - Henri Duloy dans les années 1900 |

C’était en 1923, ma grand-mère était avec deux ou trois femmes comme lavandières au petit lavoir du canal qui se situait à cent mètres en aval du pont qui enjambait la nouvelle branche du canal de Briare. Ce pont datait de l’époque des travaux de la construction du pont canal. J’ai vu des péniches qui étaient tirées par deux chevaux et les deux autres se trouvaient en plage avant de la péniche : il fallait bien qu’ils se reposent tout en mangeant pendant que les deux autres sur le chemin du halage tiraient. La femme du marinier tenait la barre de l’embarcation tout en surveillant la marmite dans laquelle cuisaient les repas. |
Au passage de la péniche, il n'y avait pas d'autre bruit que celui des battoirs des lavandières, à genoux dans le bac qui surplombait l’eau de quelques centimètres. Les diverses pièces de linge baignaient dans l’eau du canal pour le rinçage après le savonnage. De temps à autre, une pièce de linge commençait à couler mais elle était rapidement remontée à la surface à l’aide d’une longue baguette. Mon grand-père était chargé d’apporter le linge dans une grande bassine qui était transportée en brouette et parfois dans la voiture à chien. L'animal nous accompagnait tout en tirant la voiture dans laquelle se trouvait la bassine. C'était un grand chien très grand et fort. Il s’appelait Turc. Pierre Duloy |