les fluviales de JPh. Lamotte - La batellerie de commerce

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Sinoda, un bateau mixte

          Le Sinoda est un bateau mixte, sans moteur, appartenant à Léona Laure (debout sur les écoutilles) et Alfred Laure (à l’aminteau).

          On voit sur cette photo, un bateau en bois en remorque derrière le Sinoda, à l’époque de la traction, il était courant que les bateaux naviguent par deux, afin de ne mobiliser qu’un seul tracteur électrique.

          Quant au terme "bateaux mixtes", on les appelait comme cela parce-qu’ils avaient les côtés en fer et le fond en bois.

          Les bateaux en bois avaient un grave défaut. Quand ils restaient longtemps à vide, la bordaille (francs-bords) au-dessus de l'eau, le bois séchait. On disait selon les régions qu'il était "ebarré", "ébarroué" ou encore "ébarroui". Cela occasionnait des fuites et il fallait par l''extérieur glisser de la suire de bois. Elle était entrainée dans la fente et gonflait en bouchant la fuite. Après un certain temps le bois gonflait à nouveau et il n'y avait plus de fuite.

          Quand les bateaux en fer sont arrivés, bien que dans certaines régions les mariniers furent au début réticents, ce fut une vraies bénédiction. Toutefois, ils coûtaient cher. Alors certains ont eut l'idée de doubler à la bordaille avec des plaques de fer pour éviter "l'ébarouissage". Ce genre d'opération restera très limitée car le bois pourrissait sous la tôle.

Enlever la rallonge d'amintot pour envoyer à bal

          Pour pouvoir emmener plus de fret, les bateaux avaient la longueur maximum possible pour passer dans les écluses. Pour manoeuvrer les safrans non compensés de l'époque, il fallait également de longues barres franches (ou amintot) pour que la démultiplication permette à une force humaine de manoevrer le bateau.

          Une fois dans l'écluse, il fallait envoyer le safran "à bal" (complètement tourné d'un côté). D'une part pour que les portes puissent fermer sans butter sur le safran, et d'autre part, pour que le safran ne porte pas sur le seuil du radier (fond de l'écluse) lors de la descente. Etant donné la longueur de l'amintot, il fallait disposer d'une rallonge démontable rapidement sinon, l'amintot aurait buté sur le bajoyer (côté de l'écluse) avant que le safran soit à bal.

          Plus un bateau va vite, plus le safran est efficace. Dans le cas des péniches halées (par la force animale ou humaine), tractées (par un remorqueur) ou tractionnées (par un tracteur sur pneus ou sur rails sur la berge), les vitesses étaient assez lentes. Elles obligeaient parfois à rallonger le safran temporairement. Pour cela on baissait à l'arrière du safran un panneau supplémentaire appelé "lunette". On voit sur cette photo la manivelle qui servait à remonter la lunette à l'aide d'un câble.



Sinoda
Le Sinoda d'Alfred et Léona Laure