| les fluviales de JPh. Lamotte - Histoire des canaux |
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Le pont-canal de Briare - 2 |
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1940-45 : Destruction et reconstruction
(Photos : avec l'autorisation gracieuse de M. Delanoë, photographe à Briare, successeur de M. Guillemeau ) Vous voulez partager avec les jeunes générations vos souvenirs de navigation, des histoires de mariniers
envoyez-les ici, nous les publierons dans ces pages.
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Les pages Bruno Vital : |
1 Construction du pont-canal | 2 Destruction du pont-canal | 3 Pont-canal en détail et en couleurs | 4 Construction usine élévatoire |
| 5 Ecluse ronde des Lorrains 1 | 6 Ecluse ronde des Lorrains 2 | 7 L'accident de Chatillon 1 | 8 L'accident de Chatillon 2 | |
| 9 Plan du canal de Briare 1899 | 10 Plan du canal du Loing 1899 |
![]() Photo : Bruno Vital |
Bruno Vital est devenu éclusier en 1991 alors qu'il avait 35 ans. Dès le début, il montre un intérêt particulier pour tout ce qui concerne le fluvial, l'histoire et le fonctionnement des canaux et pendant cinq ans, il va travailler à titre personnel sur des documents historiques et techniques. En 1996, quand arrive la commémoration du Centenaire du pont-canal, c'est donc à lui qu'on confie la charge de recevoir le public pour parler du fluvial. Deux ans plus tard, l'ingénieur VNF de l'époque utilise pleinement ses compétences et lui confie le soin de trier et répertorier les archives de l'ex-DDE. Il va alors travailler au milieu de tous les documents historiques dont il doit prendre connaissance pour s'acquitter de sa tâche. Pendant les sept années que va durer ce travail, il va acquérir une culture importante concernant tous les canaux et ouvrages d'art sur la ville de Briare et de ses alentours. Il va même retrouver des documents oubliés très importants. Grâce à cette notoriété montante sur le sujet, des particuliers vont spontanément lui confier des documents originaux comme ces photos de la destruction et reconstruction du pont-canal. Aujourd'hui, Bruno Vital est devenu l'historien incontournable et incontesté de la machine hydraulique des canaux et ouvrages d'art autour de Briare. JPh. Lamotte |
![]() Photo : Bruno Vital |



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Le dynamitage du pont En juin 1940, l'avancée allemande est inexorable et l'armée française est en débâcle. La seule chose qui pouvait encore se faire, était de retarder l'avance ennemie en détruisant les voies de communication. Dans cette stratégie, le Génie français va se donner pour tâche de faire sauter tous les ponts de la Loire et c'est au tour du pont-canal de Briare le 17 juin 1940. Il était 6h30 quand une explosion a réveillé les villes de Briare et de St Firmin cassant de nombreuses vitres. Le pont-canal qu'on appelle ici "la cuvette" venait de perdre une partie de sa bâche dans l'eau de la Loire et à 16 h ce même jour, la Wehrmacht entrait dans Briare. Le pont avait perdu ses 2ème et 3ème travées dans le lit du fleuve côté Briare. La première travée ne fut pas touchée, ce qui permit de conserver intacte la culée en maçonnerie avec son joint caoutchouc d'étanchéité en forme de U. Par contre, entre les 3ème et 4ème piles, un seul côté de la cuvette métallique plongeait dans le fleuve, l'autre tenait toujours appuyé sur une pile. Trois mois plus tard, en septembre 1940, cette deuxième travée n'était toujours pas complètement tombée et restait pendante. Le vendredi 27 de ce mois, à 14h20mn une autre détonation se fait entendre. |
Les ouvriers venaient de la faire tomber dans le fleuve. Avaient-ils omis de prévenir la population d'ouvrir les fenêtres car beaucoup de vitres vont à nouveau voler en éclats du côté de St Firmin. Le pont Général Jacob Après le dynamitage du pont-canal, il était urgent de rétablir un moyen de passage entre les deux rives. Les troupes d'occupation ont d'abord établi un pont de bateaux provisoire pour répondre à l'urgence des besoins. Aussitôt libéré de cette tâche, le Génie allemand s'est ensuite attelé à la construction d'un pont en bois plus large et plus solide qui fut baptisé le "Pont Général Jacob". Ce pont, qu'on peut voir en arrière plan de la photo n°7, se trouvait dans le prolongement du "Pont des vignes", à côté de la borne de l'octroi qu'on peut voir encore aujourd'hui. Il était construit en deux parties et reposait sur une île au milieu de la Loire appelée "Avenue de Bonewald". S'il était utile à l'armée allemande, il rendait également bien des services à la population locale car des véhicules pouvaient y passer, ce que ne permettait pas le pont-canal, même en état. Le génie avait peaufiné la construction en ajoutant au milieu une pyramide surmontée d'un aigle. On pouvait donc penser qu'il allait durer. |
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En octobre 1940, une crue commence par faire disparaître provisoirement l'île sur laquelle il s'appuie en la recouvrant de 60 cm d'eau mais dès la décrue, la population retrouve l'usage du pont. Pas pour longtemps car le dernier coup de théâtre arrive le vendredi 18 octobre de la même année. Les riverains apprennent que le pont allait être démoli, ce qui fut immédiatement fait. Le bac et la lettre au "Giennois" En décembre 1940, aucun autre moyen, même provisoire ne permettait de traverser la Loire à Briare et les ouvriers étaient contraints de faire le détour par Gien. Un bac devait se mettre en place mais si tout était prêt sur le terrain, il manquait l'élément humain, le passeur. Comme la situation s'éternisait, le 28 du même mois une délégation de ces ouvriers écrit à la rédaction du journal "Le Giennois" en ces termes : Monsieur le Rédacteur en Chef, Dans certains de vos derniers numéros du "Giennois", vous annonciez - et cela à notre grande satisfaction - que le service sur la Loire pour relier la rive droite du fleuve avec la rive gauche, allait commencer sous peu. Voilà près de trois semaines que comme soeur Anne, nous ne voyons toujours rien venir. Pourtant, nous savons que l'escalier à la quatrième pile du pont-canal se trouve en place depuis un certain temps déjà, que le câble aérien est posé et que le bac attend lui aussi d'être utilisé. Nous sommes ici à St Firmin ainsi qu'à Chatillon-sur-Loire et ce depuis la démolition du pont, près d'une centaine d'ouvriers qui avons notre travail à Briare : Etablissements Poylecot, Gillet, Compagnie industrielle du jouet, maçons dans différentes entreprises, hommes de ferme, manoeuvres au pont-canal, et immobilisés faute de moyens de transport. |
Vous direz peut-être que nous avons le pont de Gien, c'est exact, mais voyez chaque jour le trajet ! Cette combinaison devient de plus en plus impossible et nous n'avons actuellement que le bac de Briare. Nous comptons sur le "Giennois" - puisque tout est prêt, au point - pour faire aboutir notre légitime revendication. On parle fort en ce moment et partout, de la reprise économique. Nous demandons, nous ouvriers de St Firmin et de Châtillon, à travailler dans nos entreprises respectives, qu'on nous en donne le moyen et de suite. Signé : Un groupe d'ouvriers Le rédacteur du journal concluait que : "... Renseignements pris auprès de l'administration compétente et comme l'indique le texte de cette lettre que tout est prêt en effet...". Une seule question restait à mettre au point, celle du passeur, mais elle devait être résolue assez rapidement. Pour permettre le passage des piétons et des cyclistes, on tendit un filin entre la berge et la troisième pile d'où un escalier descendait au niveau de la Loire. De là, M. Laurent, le passeur, faisait traverser les personnes en bateau. Aujourd'hui encore, les visiteurs peuvent voir les derniers stigmates de cette époque. Le support d'escalier est toujours sur la 3ème pile et sur la berge de l'ancien canal latéral, on voit encore un tripode rouillé qui n'est autre que le support qui retenait le filin. Sur certaines photos, on voit ce bac mais jamais avec des passagers. Quand l'échafaudage fut construit, il portait une passerelle qui assurait le passage bien avant que le pont-canal fut remis en navigation. Le bac devenait donc caduque. |
La reconstruction du pont-canal Très rapidement après leur installation en France, les troupes d'occupation firent restaurer cet ouvrage dont la Wermarth avait le plus grand besoin. Le pont-canal fut donc réparé par la société Daydé et Pillé qui l'avait construit entre 1890 et 1896 mais qui était devenue entre temps Daydé. Les travaux terminés, M. Berthelot, Ministre des Communications vint sur les lieux le 31 juillet 1941, pour l'inauguration. On installa un ruban sur les chimères à l'entrée du pont-canal, et le "France", premier bateau à avoir demandé le passage s'y engagea. Tous les officiels présents embarquèrent à bord pour couper le ruban tricolore. Ce fut d'ailleurs la seule fois où le pont-canal fut inauguré. En 1896, les expropriations, caves inondées et autres avatars liés à la construction avaient rendu l'ouvrage tellement impopulaire dans la population locale que personne ne s'était risqué à organiser une inauguration. Inauguration et bombardement Si le deuxième bateau qui a emprunté le pont s'appelait le "Verdun", c'est par un pur hasard. Mais gageons qu'à cette époque d'occupation, ce nom d'une grande victoire française sur les troupes du Kaiser lors de la guerre , devait avoir une valeur hautement symbolique.
La navigation sur le pont-canal venait de recommencer mais pour peu de temps. En juin 1943, soit deux ans après sa remise en service,
il fut bombardé, mais les dégâts seront beaucoup moins importants que lors du sabotage. Bruno Vital
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- Photo 14 |

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- Photo 14 |

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- Photos 1 - 2 : A l'arrivée des Allemands en 1940, le pont sera en
partie détruit par le Génie français pour retarder l'avance ennemie. | |

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- Photos 3 - 4 : Deux travées du tablier en acier doux sont détruites et tombées dans la Loire. Les piles en maçonnerie construites par Gustave Eiffel ne semblent pas avoir subi de dommages. | |

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- Photo 5a : Deux hommes en cours de démontage dans des conditions précaires |
- Photo 5 |


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| - Photos 7a - 7 : On voit en arrière plan le pont provisoire en bois construit par les Allemands et baptisé "Pont Général Jacob" | |

- Photo 8 Après le dynamitage du pont-canal, il était urgent de rétablir un moyen de passage entre les deux rives. Les troupes d'occupation ont d'abord établi un pont de bateaux provisoire pour répondre à l'urgence des besoins. Aussitôt libéré de cette tâche, le Génie allemand s'est ensuite attelé à la construction d'un pont en bois plus large et plus solide qui fut baptisé "Pont du Général Jacob". Ce pont, qu'on peut voir en arrière plan de la photo n°7, se trouvait dans le prolongement du "pont des vignes", à côté de la borne de l'octroi qu'on peut voir encore aujourd'hui. Il était construit en deux parties et reposait sur une île au milieu de la Loire appelée "Avenue de Bonewald". S'il était utile à l'armée allemande, il rendait également bien des services à la population locale car des véhicules pouvaient y passer, ce que ne permettait pas le pont-canal, même en état. Le génie avait peaufiné la construction en ajoutant au milieu une pyramide surmontée d'un aigle. On pouvait donc penser qu'il allait durer. En octobre 1940, une crue commence par faire disparaître provisoirement l'île en la recouvrant de 60 cm d'eau. Dès la décrue, la population retrouve l'usage du pont. Dernier coup de théâtre, le vendredi 18 octobre les riverains apprennent que le pont allait être démoli, ce qui fut fait immédiatement. (sources : Le Giennois du 7 octobre et 16 novembre 1940) |

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| - Le pont "Général Jacob" | Photos 9 |
| Voir également la photo faite par le soldat Allemand en fin de page | |

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| - Le pont "Général Jacob", se trouvait ici, à droite de la borne d'octroi qui est toujours visible aujourd'hui. (photo Bruno Vital) |

- Photos 10 - 10a Une chèvre de levage à été installée de chaque côté. Les travées tombées ont été déblayées, les travaux d'échafaudage et de reconstruction vont pouvoir commencer.
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Photo 11 A l'entrée en guerre, il y avait 11 ponts sur la Loire : Six ponts suspendus : - Bonny : complètement détruit. On construira une passerelle qui sera emportée par une crue et elle sera reconstruite 60 cm plus haute. - Châtillon : parties métalliques détruites, piles intactes. Un ouvrage provisoire en bois sera également construit - Sully : les dommages sont importants. Le tablier et les câbles se sont effondrés et un pylône a été démoli par une bombe avant que le Génie ne fasse sauter le pont. - Châteauneuf - Jargeau - Meung Quatre ponts en maçonnerie : - Beaugency - Gien : une arche fissurée et une autre détruite. Une arche en béton sera coulée. - 2 à Orléans A ceux-là, il faut ajouter la cuvette de Briare. Deux ponts de bois seront emportés par la crue. Alors pour compenser, le viaduc de chemin de fer sera aménagé avec un platelage sur les traverses, ce qui va permettre de faire passer des trains et des véhicules routiers. |

← Photo 12 12a : Les vestiges du passeur
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- Photo 14 |

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- Photo 15: Reconstruction terminée, le pont est en eau, il ne reste plus qu'à démonter les échafaudages. |

En ce 1er août 1940, le temps est à l'orage et quand arrive le Ministre, la pluie vient juste de cesser. C'est en compagnie d'une douzaine d'officiels, qu'il embarque sur le bateau "France" pour inaugurer cette réouverture. Il est 17h20 et le berrichon avance lentement vers l'entrée du pont mais il ne s'arrêtera pas et c'est à la volée que le Ministre coupe le ruban devant les ouvriers présents qui se sont respectueusement découverts. On pourrait penser que ce bateau au nom hautement symbolique avait été choisi pour la circonstance, comme une petite "revanche" face à l'envahisseur. |
Et bien pas du tout, c'est tout simplement le premier qui a demandé le passage. Le clin d'oeil de l'histoire ne s'arrêta pas là. Quand le ministre fut parti, un marinier est arrivé pour demander à M. Boulin, l'Ingénieur des P & C de Briare s'il pouvait passer lui aussi. La navigation étant réouverte, rien ne s'y opposait. C'est ainsi que tous ceux qui étaient présents ont découvert que la bateau qui suivait le "France" était... le "Verdun". Nom de la grande victoire française lors de la guerre. Hélas, la "cuvette" de Briare n'en avait pas terminé avec ses malheurs. |

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- Photos 18 - 17 : En juin 1943, deux ans après sa remise en service, le pont sera bombardé et à nouveau hors service mais les dégâts seront bien moins importants |

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- Photo 21 |



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- n23 Photo : Soldat 02b
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- n24 Photo : Soldat 03b
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- n25 Photo : Soldat 04b |
Fin de page
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-n26 Photo : Soldat 05b
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Bibliographie des documents dans lesquels sont tirés les renseignements de cet historique - Annales des pont-et-chaussée de Mazoyer 1898 - Annales des ponts et chaussées - Construction du Canal de Briare "dossier A. Pillard, Le Journal de Gien (1990)" - Le Canal Henry IV ou Canal de Briare - Pierre Pinsseau (1944) - Briare, conquise par son canal - Paul Gache (1993) - Les canaux du Loing, de Briare, d'Orléans Jacques de la Garde (1993) - Itinéraires du Patrimoine par Valérie Mauret-Cribellier - N° 83 Pont-Canal de Briare (Loiret) - N° 241 Châtillon sur Loire (Loiret) Le canal latéral et sa traversée en Loire - N° 279 Le canal latéral à la Loire (Centre, Bourgogne, Auvergne) - Images du Patrimoine par Valérie Mauret-Cribellier - Les canaux de Briare, du Loing et d'Orléans - Cartes "Service Navigation de Briare (DDE 58 / VNF)" - Photos constructions ouvrages d'art "Ponts et Chaussées" © Autres photos Bruno Vital (Briare) - Cartes postales "Collection Patrick Ardin" - Le "Giennois" (n° des différentes dates concernant la destruction et la reconstruction ainsi que le pont Jacob) - Journal du centenaire (Edition spéciale 1996 Journal de Gien) |