les fluviales de JPh. Lamotte - Histoire des canaux |
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| 1894-95 - Construction de l'usine élévatoire de Briare |
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et de l'aqueduc de la Trézée (Texte : Bruno Vital - Photos : avec l'accord gracieux de VNF Centre-est) Vous voulez partager avec les jeunes générations vos souvenirs de navigation, des histoires de mariniers
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Les pages Briare de Bruno Vital : |
4 Construction usine élévatoire |
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![]() Pose des conduites aux abords de l'usine |
Depuis la construction du Canal de Briare, les ressources en eau étaient assurées par les étangs et les rigoles appartenant à l'Etat dont la superficie totale de 400 ha assure une capacité totale annuelle de 11.900.000 m³. Ces étangs se remplissent en général une fois par an, sauf l'étang de Moutiers qui se remplit deux fois. Ces ressources sont très variables en fonction de la pluviométrie des saisons et il suffisait d'une année très sèche pour qu'elles deviennent insuffisantes pour la circulation des 8.000 bateaux annuels de l'époque. D'ailleurs, lors de la sécheresse exceptionnelle d'octobre 1881 à octobre 1882, la navigation devint tellement difficile |
qu'il a fallu installer des pompes à chaque écluse depuis Baraban jusqu'à celle de la Gazonne. Elles remontèrent de bief en bief et jusqu'au bief de partage, les 200 litres/s puisés dans la Loire. Au mois de mai 1882, il fallut même modifier les pompes pour remonter 300 litres/s à chaque écluse. Les étangs ne commencèrent à se remplir qu'à partir de fin octobre et le service des pompes ne fut supprimé qu'à la mi-novembre. Les ressources naturelles étaient donc aléatoires et la construction du pont-canal de Briare, n'allait qu'aggraver les choses. Le goulet d'étranglement de la traversée de la Loire n'existant plus, on envisageait une augmentation du trafic à 10.000 bateaux par an. |

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- Plan général de l'usine : (clic ici pour voir les plans en grand format)
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Dans son rapport du 20 novembre 1882 sur l'avant-projet d'une prise d'eau en Loire, M. l'Ingénieur en Chef Doussot estimait déjà qu'avant la sécheresse de 1881-1882, pour assurer le passage de 10 000 bateaux, il faudrait rectifier la rigole de St Privé et créer un nouveau réservoir dans la vallée du Loing. Ce n'est que deux ans plus tard que la décision ministérielle du 5 juin 1884, se rallie à ces idées. L'amélioration de la rigole de St Privé se fit d'une part en bouchant les renards pour parfaire son étanchéité et M. Heurtault dresse également dès cette époque un projet pour la création d'un réservoir de 8.000.000 m³ dans la vallée du Bourdon, affluent du Loin dont il faudra pour cela acheter l'étang et l'agrandir. |
L'effort était louable, mais le projet était mort-né comme l'avait déjà dit le même M. Doussot dans son rapport : "... dans ces cas exceptionnels, il importe peu d'avoir des grands réservoirs et des rigoles qui débitent plus d'eau, puisque les réservoirs restent vides et les rigoles n'ont rien à débiter. L'unique solution consiste alors à aller prendre l'eau nécessaire pour la navigation dans la Loire qui n'en manque jamais, et à la faire monter au moyen de machines élévatoires, jusqu'au bief de partage ...". L'usine élévatoire de Briare se profilait à l'horizon comme la vraie solution, le complément indispensable au pont-canal de Briare. |
Construction de l'usine élévatoire L'usine élévatoire de Briare a donc été conçue dans le but de contribuer à l'alimentation du bief de partage du canal de Briare par un apport de 800 litres/s d'eau à prendre dans la Loire. L'avant projet date de 1892 et la construction commence en 1894 alors que le pont-canal n'est pas encore terminé. Elle se situe sur la rive droite, non loin du pont-canal d'où elle se signale par sa cheminée de 40 m de haut, et environ à 300 m de la Loire. Elle occupe un terrain de 160 m de long par 120 m de large à côté du canal latéral qui mène au pont-canal qui franchit la Loire. |

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- Photo 000 : Creusement des fondations, 80 personnes sur le chantier -
Dessous : agrandissement de la partie haute - (clic ici pour voir l'extrait en grand format de la partie basse)
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Cette proximité du canal a été une des conditions déterminantes pour le choix de l'emplacement de l'usine. Elle permet l'approvisionnement du combustible par voie d'eau sans transbordement car une gare d'eau qui communique avec le canal et donne accès aux bateaux jusqu'au parc à charbon a été creusée dans la cour même de l'usine. Un pont tournant de 5 m de large établi sur l'entrée de la gare d'eau permet la continuité du chemin de halage et en même temps celle du chemin rural qui le longe dans cette partie. En plus de l'usine élévatoire, il existe dans l'enceinte plusieurs autres bâtiments : |
1 - Un bâtiment à étage pour le logement du conducteur des Ponts et Chaussées, chargé de l'exploitation de l'usine (actuellement logement du subdivisionnaire) 2 - Un bâtiment semblable au premier, formant le logement de deux mécaniciens (bureau subdivision) 3 - Un bâtiment sans étage, pour le logement d'un chauffeur dont la femme est concierge 4 - Un bâtiment pour stocker les matières premières |
Le bâtiment principal de l'usine de cette époque est formé de deux parties. La plus haute est la salle des machines à vapeur au rez-de-chaussée avec les pompes au sous-sol, derrière ce bâtiment. Il y en a un autre plus bas avec les chaudières et un atelier de réparation attenant. La cheminée en briques, pour les chaudières, se trouve sur la droite du bâtiment ainsi que le bâtiment des matières premières. Devant la façade de l'usine et sur toute la longueur est établi au sous-sol le puisard, de 24 m de long et de 4 m de large à l'intérieur où on pompe l'eau de la Loire. |

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- Photo 1 : Les fondations de l'usine élévatoire de Briare
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Le fond du puisard est placé à 3 m en contrebas de l'étiage du fleuve avec lequel il communique par un tunnel en maçonnerie de 347 m de long et sa section circulaire est de 2,30 m de diamètre. La sortie côté Loire est pourvue d'une vanne d'isolement installée dans la digue et d'une grille de protection contre les embâcles à son débouché sur le fleuve. De la Loire à L'écluse Gazonne Après être entrée dans le tunnel, l'eau arrive dans le puisard devant l'usine et est refoulée dans une conduite ascensionnelle formée d'une double file de tuyaux en fonte de 0 m 90 de diamètre espacés de 5 m d'axe en axe. Cette double conduite de 2,765 km de long, élève l'eau de 43 m de haut et débouche dans une bâche en maçonnerie. |
Elle coule ensuite dans une rigole trapézoïdale à ciel ouvert où elle parcourt 5.400 km avant d'emprunter, un siphon composé de deux conduites en fonte de 0,90 m de diamètre faisant 661 m de long et posé sur un viaduc métallique de 170 m. Ce dernier, comme le pont-canal, fut construit par l'entreprise Daydé et Pillé de Creil. Il est posé sur des piles en maçonnerie pour franchir la vallée de la Trézée et le canal de Briare. Pour passer ces deux obstacles, il descend d'une hauteur pour y remonter ensuite, c'est donc un siphon. Ce siphon est muni de deux vannes enfermées dans la culée sur le bord du canal pour vidanger l'eau des conduites et évacuer le sable transporté en même temps. A la sortie du siphon, l'eau retourne dans une bâche en maçonnerie et repart dans une rigole à ciel ouvert sur 5,600 km pour arriver au-dessus de l'écluse de la Gazonne où l'eau entre dans le bief de partage par 5 vannes. |
![]() Dans les sous-sols de l'usine élévatoire (juin 2009)
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| Voir le schema des conduites en grand format | ||

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- Photo 4 : Pose des conduites d'eau qui seront enterrées sur environ 3 km aux abords de l'usine. Les tronçons de 5 m sont assemblés par simple emmanchement comme des tuyaux de poêle
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- Photo 5 : Déchargement sur une berge de la Trézée
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- Photo 6 : Ces voûtes en maçonnerie sont devenues invisibles. Aussitot construite, elle furent enterrées (voir photo 8).
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- Photo 7 : A gauche, les voûtes sont déjà enterrées
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- Photo 8 : Sous la bute de terre se trouvent les voûtes en maçonnerie de la photo 6.
Cette photo montre que "l'aqueduc" n'est en fait que la partie basse d'un énorme "siphon"
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- Photo 9 : L'aqueduc dit de la Trézée
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- Première époque : La vapeur |
Dès 1895, la puissance était fournie par un ensemble de huit pompes et quatre machines à vapeur. Les pompes étaient disposées symétriquement deux à deux, de part et d'autre de l'axe d'oscillation du fort balancier de la machine à vapeur auquel elles étaient fixées. La puissance vapeur était fournie par cinq chaudières de 5 m de long sur 1,70 m de diamètre pour un poids de 23 tonnes chacune. Les choses ayant été bien conçues dès le départ, il suffisait de trois chaudières pour alimenter les quatre groupes. Cela permettait d'en avoir deux en maintenance et on évitait ainsi toute interruption, si l'une des chaudières en activité devait être arrêtée par suite d'un incident quelconque. |
Des pompes un peu faibles L'usine de Briare a été mise en service le 7 juillet 1895 et elle a du fonctionner tout de suite avec une activité exceptionnelle en raison de l'insuffisance des ressources en eau dont on disposait alors dans les réservoirs du canal. La consommation de combustible a été très satisfaisante, en étant en-dessous des prévisions, par contre le débit des pompes s'est trouvé insuffisant. Au lieu d'atteindre en tout temps les 800 litres/s, fixés par le cahier des charges, il s'abaissait au-dessous de ce chiffre dès que le niveau de la Loire était inférieur à 1,30 m au dessus de l'étiage. |
Cette insuffisance de débit a conduit à imposer au constructeur, une retenue de 40.000 Francs sur la somme qui lui était due.Puis on a cherché à remédier à cette insuffisance de débit et de nombreux essais ont été réalisés en 1897 et 1898. Les pistons ont été modifiés et on a rajouté une seconde conduite d'aspiration de 0,50 m de diamètre qui se raccorde à la première à chaque groupe de pompes. Ces travaux ont été exécutés en 1899 et ont produit une amélioration sensible du rendement des pompes. |

- Photos 2 : Les machines à vapeur
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- Photo 3 : les machines à vapeur de 1895
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003b : les machines à vapeur de 1895
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L'usine élévatoire donnait satisfaction lorsque le niveau de la Loire était suffisant, mais quand la hauteur d'aspiration atteignait 5 m et plus, le fonctionnement des pompes devenait difficile, il fallait réduire la vitesse et par conséquent, la quantité d'eau à remonter. La sécheresse de 1921 démontra l'insuffisance du système et en 1926 une étude fut effectuée pour augmenter la capacité de l'usine. Les technologies avaient évolué et il se présentait 2 solutions : - La première consistait à électrifier une partie de l'usine, de garder les pompes à vapeur et d'y ajouter 4 pompes électriques. - La deuxième était de supprimer les machines à vapeur et de les remplacer par des pompes électriques d'une capacité de 450 litres/seconde chacune. |
En 1927, le Ministère optait pour la deuxième solution et donnait l'ordre d'entreprendre les études et la réalisation du projet. Ce n'est que huit ans plus tard, en 1935, que la société Rateau, adjudicataire du marché procédait au démontage des pompes à vapeur et accessoires que l'Administration mit en vente aux enchères. La vapeur avait vécu. ![]() |
La nouvelle installation se composait d'une alimentation électrique de 30.000 volts avec transformateurs pour donner une alimentation en basse et moyenne tension. La société Rateau a également installé 4 groupes de pompes à axe vertical avec moteur électrique pour remplacer les machines à vapeur (elles sont encore présentes aujourd'hui). Chaque moteur développait une puissance de 400 cv à 750 tr/mn et chaque pompe avait un débit théorique de 450 litres/seconde. Les moteurs électriques étaient (et sont toujours) installés au rez-de-chaussée du bâtiment. L'axe vertical descend jusqu'à la pompe au sous-sol et de celle-ci part une conduite avec une crépine à l'extrémité pour aller au fond du puisard devant le bâtiment. L'usine était prévue pour fonctionner avec 3 pompes, la 4ème étant en réserve. |

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- Photo 10 : les moteurs électriques des pompes de deuxième génération
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La marche la plus économique de l'usine s'est avérée avec 3 machines et 2 chaudières fonctionnant de jour et de nuit, avec arrêts de 36 h chaque dimanche pour le repos du personnel. Quand les besoins de l'alimentation l'exigeaient, il fallait recourir à la marche intensive, avec 4 machines et 3 chaudières sans arrêt. Quand l'usine fonctionnait en marche normale, il fallait 9 ouvriers par jour, soit : - 1 mécanicien et son aide de jour et 1 mécanicien de nuit - 2 chauffeurs de jour et 2 chauffeurs de nuit - 1 contremaitre et 1 garde-magasin qui n'étaient de service que de jour |
En marche intensive, il fallait en plus 1 aide mécanicien de nuit et 1 chauffeur de jour, soit 11 ouvriers par jour. En 1895-1896, du 1er aout 1895 au 31 juillet 1896, l'usine a fonctionné 269 jours puis ensuite : 108 jours en 1897 - 168 jours en 1898 - 245 jours en 1899 - 162 jours en 1900 - 170 jours en 1901 - 132 jours en 1902 - 248 jours en 1903 - 230 jours en 1904 - 253 jours en 1905 |
Au regard du nombre de jours sur dix années, il est évident que l'usine élévatoire à vapeur de Briare était vraiment nécessaire au bon fonctionnement du canal de Briare. Au cours de l'année 1899, on a également installé l'éclairage électrique par lampes à incandescence en remplacement de l'éclairage au pétrole. Le courant était fourni gratuitement par l'excédent d'électricité de l'usine électrique du pont-canal. (ps : L'usine élévatoire à vapeur de Briare a été construite sous la direction de M Lavollée, Ingénieur en Chef et de M Huet, Ingénieur
ordinaire et sous la surveillance de M Norroy, Conducteur des Ponts et Chaussées.)
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- affiche 001 : La vente des machines à vapeur
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- Troisième époque : Les travaux de 1995-1996 |
Coups de bélier dans les vieilles conduites Les pompes n'étant pas auto-amorçantes, il fallait remplir les conduites d'eau avant de lancer les moteurs électriques pour que les pompes aspirent l'eau dans le puisard et la refoulent sur 2.765 km et 43 m de haut, comme les pompes à vapeur le faisaient. Compte tenu de la vitesse à laquelle l'eau était envoyée à l'origine par les pompes à vapeur, il n'avait pas été prévu de protection des conduites de refoulement contre le phénomène de coup de bélier qui se produit lors de l'arrêt brutal des pompes. A la mise en place des pompes électriques, des clapets à battant furent installés sur divers endroits de la conduite pour diminuer ce phénomène. Mais à l'usage, on s'aperçut que ce système était inopérant et des ruptures de conduites ont eu lieu malgré tout. Cela arriva dans des terrains inoccupés, mais aussi malheureusement près des maisons en occasionnant des dégâts importants dans les sous-sols. Ceci étant particulièrement à redouter lors d'une coupure accidentelle du réseau EDF. |
En raison d'une bonne pluviométrie et du bon remplissage des étangs, l'usine élévatoire n'a pas fonctionné pendant plusieurs années, mais l'entretien a été régulier jusqu'en 1985. Il a fallu plusieurs années de sécheresse et un mauvais remplissage des étangs pour que l'on soit obligé de la remettre en marche. On a vérifié toute l'installation de l'usine et les conduites de refoulement. On a nettoyé la rigole qui était envahie par la végétation et l'usine élévatoire est repartie à fonctionner. C'était au début des années 1990, l'unique moyen de maintenir en eau le canal de Briare pour les bateaux de commerce et pour la navigation de plaisance qui se développait de plus en plus. On s'aperçut alors que le fonctionnement de l'usine élévatoire présentait des risques en plus des charges importantes qu'elle imposait : |
1- Pour les moteurs et les pompes de 1935, les pièces détachées étaient fabriqués sur mesure, avec un coût important et des délais de fabrication qui pouvaient contraindre à un arrêt de l'usine élévatoire et donc de la navigation. 2- Le pont roulant servant à la manutention des pompes était d'origine, donc de 1895, et complètement hors sécurité. Son remplacement aurait coûté trop cher. 3- Les pompes n'étaient pas auto-amorçantes et l'appareil pour faire le vide des conduites était vétuste. De plus, il n'y avait pas de protection contre les coups de bélier qui font éclater les conduites et par conséquent des dommages importants aux riverains si la conduite éclatait de nouveau dans un secteur habité. 4- Au vu de la vétusté de l'usine élévatoire, les charges d'exploitation étaient trop importantes, il fallait 3 agents en permanence 24 h sur 24 et 7 jours sur 7. |

L'examen des pompes de l'usine élévatoire a montré qu'elles étaient arrivées au terme de leur vie alors qu'il fallait absolument maintenir l'alimentation du canal de Briare aussi bien pour la plaisance que pour les besoins agricoles. Le service navigation de Nevers et VNF ont alors pris conscience qu'il fallait modifier complètement l'installation de l'usine élévatoire. Un projet de modernisation a été présenté à VNF qui l'accepta sous réserve d'un cofinancement. Les travaux de 9 MF, s'effectueront en 2 tranches dont le financement se présente comme ceci : 53,17% VNF - 21,83% Région Centre - 15% Loiret - 5% Région Bourgogne - 5% Yonne (Ces deux dernières étant concernées avec le réservoir du Bourdon à côté de St Fargeau. En contre partie de leur financement, le Service Navigation maintiendra le niveau du réservoir du Bourdon haut, pour faciliter les activités nautiques en été.) Les premiers travaux ont commencé par désenvaser une partie du tunnel d'amenée d'eau et la bâche où elle est aspirée, ce qui représentait près de 300 m3 de sable et de vase à évacuer par des camions spéciaux. Toute l'installation électrique, en basse, moyenne et haute tensions a été refaite, ce qui permet d'être aux dernières normes en vigueur. Les conduites principales au sous-sol et deux pompes de 1933 furent démontées, des ballons anti-bélier de 20 m³ furent installés. |
Six nouvelles pompes "Flygt" auto-amorçantes ayant chacune un débit théorique de 220 litres/seconde ont été installées directement au fond du puisard devant l'usine. La modernisation de l'usine nécessitait également un système de commande par automate. Tout l'ensemble des pompes neuves et une ancienne de 1935 est maintenant géré par informatique. En cas de problème technique, c'est l'ordinateur qui envoie l'information à l'unique personne d'astreinte pour la surveillance de l'usine. La programmation des pompes, est selon les besoins de 2 pompes la journée et de 3 pompes la nuit, ce qui permet de tourner en tarif réduit de nuit comme les particuliers. L'eau pompée à la Loire sert à 80% à l'alimentation de canal pour la navigation et les 20% restant est cédé au groupement agricole "Irri-canal". Une deuxième tranche des travaux a consisté à installer un dégrilleur à l'entrée du siphon pour éliminer toutes les impuretés qui transitent dans la rigole et éviter qu'elles arrivent au bief de partage dans le canal. Pour les touristes qui passent en bateau en descendant vers le pont-canal, en arrivant du canal de Briare, il est évident que tous les regards sont tournés vers ce dernier virage qui va découvrir la vue magique et tant attendue sur l'entrée du célèbre ouvrage d'art. |
Toutefois, juste avant de vous engager entre les colonnes rostrales de l'entrée, tournez votre regard vers la gauche, un peu avant la grande cheminée de 40 m. Ce bâtiment, c'est l'usine élévatoire qui, dans l'anonymat, sans animation décelable de l'extérieur, vous donne de l'eau en plein été pour glisser comme par magie en altitude au-dessus de la Loire. Bruno Vital ![]() En passant sous l'aqueduc de la Trézée
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- cp 001 : L'usine élévatoire
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- 011 : Le mur noir derrière le bateau est constitué des briques de charbon qui alimentaient les chaudières de l'usine (photo: collection Michel Garnier)
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- elev 6 : L'usine élévatoire dans le dernier virage avant le pont-canal.
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- elev 1 : L'aqueduc de la Trézée aujourd'hui (juin 2009)
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- elev 2 : L'aqueduc de la Trézée aujourd'hui (juin 2009)
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- elev 3 : Le petit bassin qui termine la rigole d'alimentation et qui se déverse dans les conduites. L'eau ressort de l'autre côté du canal et de la rivière Trézée
en haut de la colline par le principe des "vases communiquants" (photo juin 2009).
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- elev 4 : Les moteurs électriques qui ont remplacés un temps les anciennes machines à vapeur (photo juin 2009)
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- elev 5 : Dans les profonds sous-sol de l'usine élévatoire (juin 2009).
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- elev 7 : Le poste de commande de l'usine.
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Fin- elev 8 : Le dégrilleur à l'entrée du siphon
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Bibliographie des documents dans lesquels sont tirés les renseignements de cet historique - Annales des pont-et-chaussée de Mazoyer 1898 - Annales des ponts et chaussées - Construction du Canal de Briare "dossier A. Pillard, Le Journal de Gien (1990)" - Le Canal Henry IV ou Canal de Briare - Pierre Pinsseau (1944) - Briare, conquise par son canal - Paul Gache (1993) - Les canaux du Loing, de Briare, d'Orléans Jacques de la Garde (1993) - Itinéraires du Patrimoine par Valérie Mauret-Cribellier - N° 83 Pont-Canal de Briare (Loiret) - N° 241 Châtillon sur Loire (Loiret) Le canal latéral et sa traversée en Loire - N° 279 Le canal latéral à la Loire (Centre, Bourgogne, Auvergne) - Images du Patrimoine par Valérie Mauret-Cribellier - Les canaux de Briare, du Loing et d'Orléans - Cartes "Service Navigation de Briare (DDE 58 / VNF)" - Photos constructions ouvrages d'art "Ponts et Chaussées" © Autres photos Bruno Vital (Briare) - Cartes postales "Collection Patrick Ardin" - Le "Giennois" (n° des différentes dates concernant la destruction et la reconstruction ainsi que le pont Jacob) - Journal du centenaire (Edition spéciale 1996 Journal de Gien) |